L'Absym a constamment oeuvré en faveur des médecins, tant généralistes que spécialistes, dans le respect des métiers respectifs.

L'historique du dossier " Postes Médicaux de garde " est illustratif. L'arrêt inopiné de l'activité du Dr Lemye nous a obligés, au pied levé, à trouver des collègues qui soient disponibles pour le remplacer. J'ai moi-même, vilain canard spécialiste, été concerné et ai participé personnellement à la plupart des réunions du groupe de travail de la CNMM à ce sujet. L'Absym a été présente à toutes les réunions de la Taskforce organisées par le Cabinet De Block ; nous y avons, inlassablement, développé nos arguments et le Cabinet a finalement accepté la création de PMG hors hôpitaux, accepté le fait que des PMG puissent fermer en nuit noire, accepté que les missions confiées aux PMG soient plus conformes aux attentes du terrain, accepté aussi de réinstaurer les coordinateurs régionaux. Nous avons été constamment en butte à l'hostilité tant de AADM que du Cartel, par exemple lorsque nous désapprouvions leur volonté de ne pas respecter les règles votales convenues dans un cercle de MG pour la création de son poste de garde. Quant aux honoraires de disponibilité, ils sont pour nous destinés à rétribuer le médecin qui participe à la permanence, et c'est le cercle qui selon ses procédures démocratiques internes peut décider de son bon usage.

Diabète

Pour le dossier du diabète, nous avons depuis des années, avec les mutuelles et les autres syndicats, permis l'extension à la médecine générale de nombre de dispositions reprises dans les conventions hospitalières, donnant ainsi au MG la prééminence dans le suivi de ces patients, et au malade de bénéficier du remboursement des tigettes et d'accéder aux autres soins fournis aux diabétiques par des paramédicaux et collaborateurs administratifs ou infirmiers. De même, les trajets de soins diabète et néphro sont un concept qui a démarré sous le ministre Demotte. Ils lui furent d'ailleurs proposés par nous après quelques entretiens avec Monsieur De Ridder, dont la proximité avec le Cartel n'est pas un secret. Nous favorisons le travail en commun, au bénéfice du malade, des généralistes et spécialistes pour ces deux trajets, et nous avons contribué à la reconnaissance du travail du médecin généraliste en accompagnement des diabétiques lourds. Nous ne soutenons pas la lutte des classes entre médecins généralistes et spécialistes.

Le projet psy 107 a démarré il y a plus de 10 ans au départ du Conseil national des établissements hospitaliers. Nous avons soutenu, avec nos psychiatres, dès la reprise du dossier par le Cabinet actuel, l'intégration de la première ligne dans le modèle, médecins généralistes, psychologues et centres de santé mentale. Ce travail est encore en cours, et se passe dans une atmosphère qui vise à faire bénéficier le patient de toute l'offre de soins diversifiés, et pas dans un modèle de concurrence hostile entre les différentes lignes. C'est notre marque de fabrique.

Nous avons oeuvré à rétablir le contact entre l'INAMI et le FAG Wallon, permettant de reconstruire une confiance, de redémarrer un travail sur les textes de façon plus collaborative, et espérons aider à résoudre les difficultés financières que connaît le FAG en matière de subsides.

Notre livre blanc de la médecine générale, que tous les collègues MG ont reçu, précise sans ambiguïté notre position sur tous les dossiers de médecine générale, avec des engagements précis. Où est la mauvaise foi ? Où sont les agendas cachés ?

Négociation avec le cabinet Bacquelaine

Dernier exemple. Fin décembre 2015, le Ministre Bacquelaine modifie la législation sur les pensions complémentaires. De facto, les médecins conventionnés qui prennent leur pension n'ont plus droit au statut social. Nous négocions avec le Cabinet Bacquelaine et l'Inami. La médico-mut est informée par Monsieur De Cock. Finalement, en août 2017, résultat d'un lobbying intense, une loi dispositions diverses créée la possibilité pour l'Inami d'accorder d'autres avantages aux médecins dans la situation décrite. Le 23 avril 2018, la médico-mut reçoit le projet d'arrêté royal exécutant cette disposition légale : les médecins conventionnés pensionnés recevront une prime équivalente au statut social. Bémol, cette prime sera soumise à taxation sur les revenus comme le veut l'administration fiscale et d'ailleurs la législation fiscale. Tous les syndicats déplorent ce fait mais se réjouissent qu'une solution soit apportée à ce problème plus que délicat.

Le Cartel, par une lettre du 7 juin 2018 demande, la mise de ce dossier à l'ordre du jour de la médico-mut du 11 juin. Démarche bien inutile : Monsieur De Cock, ce 11 juin au soir, ne peut, en médico-mut que confirmer ce qui avait été prévu le 23 avril et le fait que les discussions avec l'administration fiscale se poursuivent.... Ce que tout le monde sait. Les amateurs de complots et d'agendas cachés, et autres imprécateurs pourraient voir dans cette démarche une manoeuvre préélectorale, permettant au Cartel de se présenter comme LE (seul) syndicat qui prend en compte les intérêts des collègues pensionnés...

Accaparement

En effet, ces derniers temps, le Cartel s'accapare dans les médias le résultat de dossiers aboutis en CNMM avec la collaboration et le travail de tous, syndicats et mutuelles. Un jour il prétendra peut-être être l'inventeur de la roue.

Le GBO, par la plume de son président, nous reproche tout simplement d'exister, de ne pas penser comme lui, et de rencontrer une écoute grandissante auprès des médecins généralistes qu'ils considèrent comme une chasse gardée.

Il est vrai que la liberté de pratique que nous revendiquons ne peut évidemment plaire à ceux qui ne voient de futur à leur profession que dans l'acceptation des modèles conçus par les mutuelles et les autorités.

Voilà en tout cas une innovation dont le GBO peut se targuer : le basculement de la campagne électorale du domaine de l'argument et de l'explication, vers celui de la rumeur, de l'imprécation, et des accusations non fondées.

Dr Jacques de Toeuf, vice-président de l'Absym